
Un an après mes débuts au triathlon, je souhaitais me lancer sur du format long.
Le Tribreizh revenait souvent dans les différents forums de discussions et tout le monde en fait l’éloge. C’est un triathlon Moyenne Distance (1.9 km de Natation, 89 km de vélo et 21,1 km à pied) en Bretagne et surtout sans drafting. J’adore cette région et suis persuadé d’avoir des souches celtes.
Lundi 15 décembre 2008, l’inscription de l’objectif 2009 est envoyée.
La préparation hivernal a été quasiment nul et le début d’année 2009 ne présageait rien de plus convaincant avec l’arrivé de Martin et la construction de la maison. Mais ça, c’est moi qui l’ai voulu alors pas question de se plaindre. On fera ce que l’on pourra.
L’entraînement est devenu plus sérieux et plus régulier à partir de la mi-mars (même si je n’ai pas fait attention à mon hygiène de vie). Je totalise une moyenne de 9.5h de sport sur 18 semaines. Il a fallu jongler avec les séances, la mise en garde du bébé (merci les gens), les rendez-vous, les travaux… Un autre sport !
Départ en famille le samedi matin, direction Daoulas, situé à une vingtaine de kilomètre de Sizun. La famille Doublet nous accompagnera tout le week-end (c’est super sympa de leur part d’être venu). Sur place, un super gîte avec corbeille de fraises, pot de Nutella et un Kouign amann. Nonnnnnnnn, c’est trop tentant tout ça, mais on verra demain.
L’après midi, nous allons sur le site. Je récupère mon dossard, N°232, quelques cadeaux sympa mais surtout, une binouze « La Levrette ». Je rencontre L’Indien et Lo (finishers de l’Ironman de Lanzarote 3 semaines auparavant dont Lo qui s’est qualifiée pour Hawaï).
Nous allons faire une p’tite reconnaissance en vélo avec Gwénaël puis retour au gîte. Les présences de ma p’tite famille et de la belle-famille sont importantes pour moi, je ne me prends pas la tête pour la course du lendemain. Je prépare mes affaires sereinement.
Réveil vers 6h, petit dèj’ tranquille avec Gatosport (c’est un peu élastique ce truc, mais ça se mange), toilette, charger le vélo et la caisse avec tout ce dont j’ai besoin. Direction le Lac de Drennec avec Gwénaël (le reste de la famille nous rejoindra plus tard). Gwénaël en profite pour aller courir autour du lac (il en a besoin). Je m’habille paisiblement, regarde les gens arriver, je parle avec les voisins (je suis super zen). Je vais passer une bonne journée, c’est obligé. Je colle mon numéro sous ma selle (la veille, je ne savais pas à quoi servait cet autocollant), gonfle mes roues, … et monte les sacoches sur le vélo : celle avec les barres et celle avec le matériel pour réparer en cas de crevaison. Merdeeeeeeeeee, j’ai mis le numéro sous la selle, la sacoche ne passe plus. Pas grave, je prends juste la bombe anti-crevaison que je mettrai dans ma trifonction à T1.
Direction le parc à vélo. J’arrive sur le lac, une légère brume recouvre celui-ci. Cela me fait penser aux vielles légendes bretonnes. Je me sens bien et confiant.
J’entre dans celui-ci, fais le tour pour chercher mon numéro et je vois « Le Coach ». Un p’tit bonjour et bonne course. J’aperçois Lo au loin juste à côte de Suppi. Je cherche maître « Sechitsü» mais en vain. C’est dommage, passer à côté d’une légende. Je me dis que je le verrai peut-être sur le parcours, se noyant, se trompant de place, changeant une roue crevé… Je place mes affaires, vais courir 200 m et reviens. Je n’ai pas envi de m’échauffer et préfère profiter de cette ambiance. J’attends, j’observe, je vois tout le monde s’afférer. Je me dis que je dois oublier quelque chose donc je refais les transitions dans ma tête. Je place mon casque avec lunettes et bombe, à suivre la casquette et 2 gels. J’enfile mon porte-dossard et deux ou trois gels dans ma poche arrière.
Je commence à m’impatienter et j’ai hâte d’en découdre. Ma stratégie est simple : Loïc, tu donnes tout en Nat, tu te défonces en vélo et on verra pour la course à pied. Si ça pète, ça pétera, mais ne regrette rien.
Il y a beaucoup de bruit dans le parc, mais je ne retiens rien, ça doit être ça se concentrer ?
Tout le monde se dirige vers le podium pour les consignes d’avant course, j’en profite pour faire trempette. L’eau est annoncée à 16°C. Je la trouve bonne (enfin meilleur qu’à Saint Gilles il y 5 semaines). L’eau est claire et limpide. C’est obligé, je vais tout déchirer sur cette partie. Je suis remonté à bloc. Deux trois mouvements de bras et retour sur la plage pour le blablabla. Nous devons faire deux tours, la première bouée est sur la gauche. Je me mets sur la droite (je ne sais pas pourquoi), et « Pan », merde c’est parti, je déclenche le chrono et cours comme un dératé dans le bain. Ma foi pas trop de bagarre, je pose ma nage dès le début, lève la tête, zut je suis seul. Je reviens un peu sur ma sur ma droite, pardon madame, pardon monsieur puis je prends des pieds et je prends mon pied. Tout va bien. Arrivé sur la plage. Fin du premier tour, je le fais en… je n’en sais rien, je ne sais plus, je cours, je replonge, je nage, un vrai gamin. En me relevant, je suppose que je suis bien placé. Je suis dans les pieds d’un mec, je le doublerai bien, je peux, je ne suis pas à fond, et puis non. Ce n’est que le début jeune Padawan, la journée est encore longue. Puis retour sur la plage. J’entends Blandine me dire « 29 ». Quoi !!! 29 minutes, pas mal. J’en ai dix d’avance sur mon planning.